Le roman

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gg
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Re: Le roman

Message par gg » sam. 14 juin 2008, 17:54

Julien redescendit lentement les marches. Il ne voulait pas se presser, il fallait qu'il trouve une idée pour expliquer la nouvelle situation à son collègue et à Machin. "Pauvre mec" songeait-il.
Quand il arriva dans l'antichambre, il la trouva vide. Un soupçon de panique se mit à envahir son esprit. "Où est-ce qu'ils sont ?" s'inquiéta-t-il.
Il sentit une présence dans son dos.
En se retournant brusquement, il reconnut Wilfried, le maître d'hôtel. L'homme l'attendait patiemment, silencieux comme à son habitude.
Julien mit sa main sur son coeur.
- Bon Dieu, Wilfried, tu m'as fait peur. Où est-ce qu'ils sont ?
- Dans la salle à manger des boiseries. Monsieur. Ils mangent.
- Ah ! Bon ! J'ai crains un instant qu'ils ne fassent des bêtises.
- Je ne l'aurais pas autorisé, Monsieur, répondit calmement Wilfried.
L'assurance du maître d'hôtel était impressionnante. Bien qu'il aurait eu contre lui deux dragons, il semblait parfaitement sûr de son fait. Et Julien le croyait. Wilfried, il le connaissait depuis longtemps. Lui-même, quand il était plus jeune, avait eu affaire avec le maître d'hôtel. C'était toujours des souvenirs cuisants.
- Tu ne veux toujours pas me dire de quelle race tu es ? demanda Julien.
Wilfried eut un sourire. Cette question était presque un rituel entre eux. Et comme d'habitude, il garda le silence.
- Ouais, bon, capitula le jeune homme. Un jour je trouverai.
- Je n'en doute pas, Monsieur. Avez-vous besoin de mon aide ?
- Non, merci, ça devrait aller. J'imagine que mon oncle vous a averti ?
- Parfaitement, Monsieur. La chambre verte et la chambre bleu sont prêtes. J'ai aussi préparé votre chambre, Monsieur.
- Merci, Wilfried. Tu peux y aller.
Le maître d'hôtel claqua presque des talons en signe d'acceptation, puis il partit.
Julien regarda le dos qui s'éloignait. Wilfried, Wilfried... se disait-il. Une énigme. Tout ce que Julien savait de lui, c'est qu'il était très certainement un être magique que son oncle avait sorti d'un hôpital psychiatrique, il y avait bien longtemps. Il ne savait dans quelle phase il était, mais depuis le temps... il devait être bien avancé. Déjà que quand lui-même était adolescent il ne faisait pas le poids, si Wilfried avait encore passé des phases, il devait être terrible maintenant.
Finalement, il se demanda s'il ne devait pas le rappeler. Son collègue serait contrarié des nouvelles qu'il apportait. Cela faisait longtemps qu'ils travaillaient ensemble par intermittence, et il commençait à bien le cerner. Et puis il serait intéressant de voir qui de Wilfried ou lui serait gagnant dans un duel.
Enfin... ça devrait aller...
Il alla dans la salle à manger et y trouva les deux dragons en train de bâfrer.
Immédiatement, le militaire sortit la tête de son gigot.
- C'est bon ? Je finis mon steak et on y va.
La réponse se fit attendre. Même Machin leva la tête de son morceau de barbaque pour s'informer des évènements.
- Euh, en fait... commença Julien. Il y a un souci.
Long silence.
- Un souci ? demanda finalement le militaire.
Le ton de sa voix n'était rien moins qu'encourageante. Julien regretta finalement de ne pas avoir accepté l'aide de Wilfried.
- Oui, mon oncle ne peut pas s'occuper de notre ami immédiatement. Il a une urgence à régler.
- D'accord... et... ?
- Et... il faudrait que nous le gardions quelques temps.
Il y eut un bruit d'os broyé. Un gros bout de gigot tomba sur la table, devant le militaire qui n'avait pas bougé.
Un peu effrayé, Julien regarda la viande. Son collègue avait brisé l'os du gigot avec une seule main. Il imagina avec horreur que son bras remplaçait la viande.
- Je double ton salaire, dit-il rapidement. Non, je le triple... Nous vous logeons, nourrissons, blanchissons.
Il y mit toute la persuasion inhérente à sa famille.
- Je te demande juste de le surveiller, rajouta-t-il. C'est un bon deal... bien payé, sans avoir grand chose à faire. Tu n'auras pas à lui parler, ni à lui faire la cuisine. Tu le gardes juste à l'oeil pour éviter qu'il ne fasse des bêtises.
Le visage du militaire se radoucit légèrement.
- Tu sais que ce n'est pas mon boulot, dit-il malgré tout. Normalement, je fais du convoyage, pas du gardiennage.
- Oui, je sais, admit Julien. Mais là, les circonstances sont exceptionnelles. ça fait longtemps que tu travailles avec nous, tu sais que nous sommes fiables. Je te le demande comme un service.
- Et toi ? Qu'est-ce que tu fais pendant ce temps ? insista le militaire.
- Je reste ici. Ma chambre est prête.
- Vous me prenez pour un débile ? L'urgence de ton oncle, c'est gros comme une maison. ça fait des jours qu'il a préparé la sortie de l'autre... et pouf, il a une urgence.
Aïe, se dit Julien. Vu comme ça, c'était vrai que ça ne faisait pas trop crédible. Il décida de biaiser.
- Ecoute, c'est ce que m'a dit mon oncle. Je n'y peux rien. Tu le connais.
- Ouais. Parfois je le regrette... Quintuple salaire ?
Intérieurement, Julien soupira de soulagement.
- Accordé.
Le militaire semblait encore hésiter. Machin le regardait discrètement. Lui-même ne comprenait pas trop de quoi il s'agissait, en dehors du fait qu'il allait devoir rester avec les deux hommes plus longtemps et que les explications n'étaient pas prêtes d'arriver. Il fut étonné de voir que la tension baissa d'un cran quand le militaire désigna un morceau de viande au bellâtre. Il n'y avait pas eu de parole supplémentaire, mais manifestement cette offre de partager son repas équivalait à une acceptation. Il vit un bellâtre tout souriant s'installer à table et terminer les bouts de gigot avec son collègue.
ceci est un jeu, en aucun cas la réalité. Je précise, on ne sait jamais :lol:

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Mizu Hanayuki
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Re: Le roman

Message par Mizu Hanayuki » mer. 18 juin 2008, 14:19

Après avoir mangé, le militaire et le bellâtre s'étaient tournés vers Machin.
Un ange passa.
Ce dernier venait de finir son repas et se tenait encore assis, tout frissonnant, pensant déjà avec nostalgie au plaisir que ça avait été. Il se lécha tranquillement les doigts, conscient d'être attendu par ses gardes, et poussa un énorme soupir. Il pensa fugitivement demander ce qui avait été dans son assiette, mais abandonna l'idée. Après tout, peut-être valait-il mieux ne rien savoir. Machin repoussa sa chaise en arrière, et se tourna vers ses deux observateurs, interrogatif.
Voyant qu'il avait fini, le dandy lui adressa la parole :
- Ça t'a plu?
- Beaucoup!
- Bien euh... le docteur Thiébaut ne peut pas te voir pour l'instant, il a été appelé pour une urgence, donc en attendant, tu vas rester ici.
Intello prit le contrôle au grand étonnement de Machin qui ne l'avait jamais vu aussi actif :
-Et quand compte-t-il revenir?
Le bellâtre haussa les épaules en signe d'ignorance.
- Fort bien messieurs, puisque de toute évidence nous allons devoir attendre le bon vouloir du docteur Thiébaut en votre compagnie, j'aimerais assez savoir vos noms respectifs.
Les regards de ses deux surveillants se croisèrent. Le militaire fit un petit signe d'acquiescement, et le bellâtre se retourna vers Intello :
- Je m'appelle Julien, et mon cher cousin ici présent aime se faire connaître sous le nom de E. Dorskaritov. Quant au maître d'hôtel, vous pouvez l'appeler Wilfried.
- C'est un plaisir de faire votre connaissance. Quelles sont les restrictions à respecter?
Nouvelle consultation du regard.
- J'imagine que tant que vous ne quittez pas la maison, et que vous ne tentez de tuer personne, tout ira bien. Si, je vous déconseille fortement le dernier étage, vous n'y avez pas accès.
- Bien, dans ce cas, après ce dîner fort satisfaisant pour nos papilles, permettez-nous, messieurs, de prendre congé pour nous consulter... en tête à tête si je puis dire.
- Fort bien. Wilfried!
Le maître d'hôtel apparut presque instantanément, et Machin se demanda comment il avait pu entendre et venir aussi rapidement.
- Monsieur veut sans doute que je montre leur chambre à ces messieurs?
Pourquoi parlait-il de lui au pluriel, comme s'il était réellement trois personnes dissociées?
Sans attendre une réponse que Julien ne prit d'ailleurs pas la peine de donner, Wilfried s'engagea dans le dédale des couloirs, en prenant bien soin de ne pas prendre trop d'avance sur Machin.
Il s'arrêta devant une porte en bouleau, et se tourna vers lui :
- La porte à droite est la chambre de Mr Dorskaritov, quant au jeune maître, il dort habituellement dans une autre aile du château, mais si vous avez besoin de le voir, vous pouvez m'appeler, je le préviendrai.
Il sortit une clef d'un trousseau, l'inséra dans la serrure qui cliqueta joyeusement, et remit la clef à Machin.
- Je serais vous, je fermerais pour la nuit.
- Merci Wilfried.
- A votre service, Messieurs.
L'imposant maître d'hôtel s'inclina, tourna les talons, et disparut derrière le tournant du couloir. Machin resta là un moment, la clef dans les mains. Puis avec un geste fataliste, il ouvrit la porte et pénétra dans un suite éclairée par des baies vitrées qui donnaient sur le parc boisé derrière la demeure. Une orchidée était suspendue près du flot de lumière, délicate fleur aérienne. Un long canapé faisait l'angle de la pièce, et en face, quelques étagères accueillaient des livres variés. De cette antichambre partaient deux portes, l'une menait à une salle de bain individuelle et à des toilettes, l'autre à une vaste chambre, au centre de laquelle trônait un grand lit à deux places. Une armoire remplie de chemises et de vêtements masculins de tous genres faisait office de mobilier. Par curiosité, il se débarrassa de l'uniforme blanc de l'UMD qu'il portait auparavant et essaya quelques tenues ; elles lui allaient parfaitement. Il se décida pour une chemise noire, et un jean large. En furetant au bas de l'armoire, il se choisit une paire de tennis qu'il enfila. Puis, il revint dans l'antichambre et s'allongea sur le canapé.
Modifié en dernier par Mizu Hanayuki le mer. 29 févr. 2012, 23:54, modifié 2 fois.
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Re: Le roman

Message par gg » mer. 18 juin 2008, 23:16

Julien et Dorskaritov, à peine furent-ils seuls qu'ils entamèrent une sérieuse discussion.
- Bon, démarra Dorskaritov, c'est quoi cette histoire ?
- ça t'ennuie si on sort dans le jardin, Elroy ?
Le susnommé Elroy eut une grimace de désappointement.
- Raah ! Je déteste quand tu m'appelles comme ça. Elroy, bon sang, ce n'est pas un prénom. Pour un nom, ça passe, j'écrirais des polars. Mais là...
- Bon, on sort ou on couche là ?
Soudain, une lueur de compréhension apparut dans le regard d'Elroy. Ses yeux passèrent discrètement et rapidement de droite à gauche.
- Heu... si tu veux. C'est vrai que la bouffe de l'autre, ça empuantit la pièce.
Julien secoua la tête en levant les yeux au ciel : son copain avait enfin compris l'allusion. Des muscles, pas de cerveau. Ils sortirent devant la maison et marchèrent un peu sur le joli gazon.
- Mon oncle prépare un truc. Je ne sais pas quoi, il n'en parlera pas, mais nous sommes embarqués dedans, confirma Julien.
- Quelle horreur ! Mon dieu, ton oncle serait donc un manipulateur ? Comme quatre-vingt dix pour cent de ta famille. Quelle surprise !
- ça va, hein ! Moi aussi, je suis embarqué dans l'histoire.
- Je croyais que vous vous entendiez bien ? Pourquoi ne te dit-il rien ?
- Hé hé, bonne question... Déjà, je ne suis pas censé te parler.
- Bon, on fait quoi ?
- On suit les consignes. Et on se tient prêt à une surprise. Je ne sais pas si ça concerne l'autre abruti ou autre chose. Comme il me l'a demandé, ne parle pas de dragon. Je ne sais pas comment on va faire, mais il faut garder Machin dans l'ignorance.
- ça ne va pas être facile. Surtout avec ses deux autres personnalités. Entre Dragon qui semble déjà au courant et l'Intello qui est curieux et intelligent... une vraie partie de plaisir. On ne cachera pas le truc bien longtemps... surtout si Machin perd le contrôle.
- Je sais. Ta chambre est mitoyenne de la sienne. A charge pour toi de le surveiller. Et fais attention, je soupçonne la maison d'être truffée de caméra et de micro. Moi, je vais essayer de trouver ce que prépare tonton.
- D'accord. Peux-tu m'avoir un flingue ? Un vrai, pas ce joujou qui sert à donner des frissons. J'en ai chez moi, mais là, il me semble difficile de me barrer discrètement.
- Je vais voir ce que je peux faire. C'est bon ?
- Je n'aime pas ça... mais est-ce que j'ai le choix ?
Le silence de Julien valut toutes les réponses du monde.
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Re: Le roman

Message par gg » jeu. 19 juin 2008, 00:01

- Professeur ?
- Oui ?
- ça se confirme. Le docteur Thiebaut n'a pas emmené le sujet dans un hôpital. Ils sont actuellement dans une des maisons secondaires du docteur.
La femme, une grande maigre aux cheveux grisonnants, sourit.
- Bien. Notre Machin nous sert enfin. Ainsi donc, ce docteur est bien un dragon.
- Monsieur, pour l'instant il n'y a aucune preuve formelle, la contredit son interlocuteur.
Le Professeur regarda son employé avec un certain mépris mêlé d'humour. Décidément, cet homme était efficace pour les actions d'éclats, pas pour la réflexion. Il devait avoir le cerveau aussi étroit que ses épaules étaient larges.
- Quel est votre nom, déjà ?
- Franck Offman, monsieur. Comme d'habitude...
- Franck, mon petit Franck... cela fait des années que nous trimbalons ce jeune dragon d'hôpital en hôpital dans l'espoir qu'un de ses congénères ne le repère. Et ne voilà-t-il pas que l'éminent docteur Thiebaut, une personne que nous soupçonnions depuis un certain temps, le met à l'abri dans une de ses demeures. Pour cela, il a fait des pieds et des mains. A votre avis, est-ce que par le plus étrange des hasards, nous pourrions supposer que le docteur Thiebaut est un dragon ? Je pencherais pour un de ces dorés, d'ailleurs. Son ton de voix onctueux et sirupeux m'a toujours parut suspect.
Franck fit une grimace. Il n'aimait pas sa chef. Le professeur Françoise Laforêt était une technomancienne de qualité, mais une femme assez désagréable.
- C'est possible, madame. Mais, à l'heure actuelle, il n'y aucune preuve formelle, madame, répéta Franck pour l'énerver.
Ce qui ne rata pas.
- Vous le faites exprès ou quoi ? s'exclama Laforêt. Enfin quoi ? La relation de cause à effet me parait évidente.
- Si vous le dite, madame.
Laforêt jeta un regard de travers à son homme de main. Petit technomancien, il la suivait depuis des années dans l'espoir d'apprendre différentes formules. Il s'était révélé comme un technicien compétent, sans plus. Mais en revanche, il était un homme parfaitement à l'aise avec toutes les techniques nécessaires à l'enlèvement et au découpage d'un de ces monstres. Et c'était grâce à lui qu'ils avaient maintenant une jolie petite équipe de choc. Malgré tout le mépris que Laforêt ressentait pour cet homme mentalement limité, elle devait bien admettre que sans lui, sa petite organisation partirait en fumée.
- Ce n'est pas grave, capitula Laforêt. Nous continuons le plan.
- Certes, Professeur. Si je pouvais savoir en quoi il consiste exactement, j'avoue que cela m'aiderait dans la gestion de nos équipes.
Laforêt soupira une fois de plus.
- C'est évident. Décidément... Comme vous me l'avez fait remarquer, il nous faut une confirmation. Pour l'instant, nous effectuons une surveillance étroite du docteur, de sa maison et des personnes qui viennent le voir. Ceci dans l'espoir de découvrir d'autres dragons. Des créatures plus utiles à notre art que ce ridicule enfant hydre. Je vous laisse les détails... organisez-vous comme vous le souhaitez, mais découvrez le maximum de choses. N'oubliez pas, cette jeune chose est une rareté, il est fort possible que des dragons âgés se penchent sur son cas. De bonnes composantes en perspective... pour moi, mais aussi pour vous.
"Surtout pour vous" songea discrètement Franck. Mais rien ne fut retranscrit sur son visage. Une parfaite neutralité était encore le meilleur moyen d'éviter les sarcasmes du "Professeur".
"Professeur", tu parles. Une petite prof d'histoire géo dont les seules qualités étaient une très bonne connaissance des langues anciennes et un don certain pour l'alchimie. Cette imbécile ne se rendait pas compte que plus ces composants seraient "bons", plus les risques pour son équipe et lui seraient élevés.
Il allait devoir briffer sérieusement les deux équipes de surveillance et celle supposée intervenir.
ceci est un jeu, en aucun cas la réalité. Je précise, on ne sait jamais :lol:

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Re: Le roman

Message par gg » ven. 20 juin 2008, 18:03

Thiebaut se tenait dans son bureau, toujours devant son écran. Il regardait simultanément deux vidéos : sur l'une il pouvait voir son neveu et son collègue qui discutaient sur la pelouse et sur l'autre Machin qui était allongé sur son lit et qui regardait le plafond.
Intérieurement, il souriait. Si le sujet de conversation entre son neveu et son collègue était probablement à son sujet et contrevenait aux ordres qu'il avait donné, cela n'avait pas d'importance. Ces enfants étaient soudés par des liens d'amitiés, il ne pouvait décemment pas reprocher à son neveu de donner des informations confidentielles. Informations qui de toute façon n'étaient que de peu d'importance.
Ce qui était important et ce qu'ils ignoraient, c'était l'importance de Machin. Et ce à plusieurs titres.
Tout d'abord la simple observation scientifique d'une hydre ignorant qu'elle était une hydre. Cette race avait toujours posé des problèmes. Son comportement erratique, pour ne pas dire plus, était une vraie énigme. A cause de cela, il était impossible d'anticiper les actions de Vorok et de ses enfants. Avec cet enfant, il serait peut-être possible de déterminer si cette folie raciale n'était qu'apparence, un jeu auquel se livraient Vorok et ses enfants. Pour lui, psychologue, il semblait impossible qu'il n'y ait pas une personnalité dominante chez les hydres, un point de stabilité. Et si c'était le cas, cela éclairait les actions de Vorok sous un jour nouveau, d'actions chaotiques on passait à la construction d'un plan secret dissimulé sous une apparente folie. A l'heure actuelle, on ne savait pas. Bien sûr des études avaient discrètement été menées sur des enfants hydres, mais ils étaient eux-mêmes influencés par le comportement de Vorok. Impossible de savoir si on avait un simple mimétisme ou une véritable tare raciale. Au moins, avec Machin, on pouvait directement écarter le mimétisme... Avec un peu de chance, de son comportement, on pourrait tirer des renseignements sur la véritable personnalité des hydres et de Vorok en particulier. Renseignement qui seraient primordiaux pour son père, Ancyte.
Et le second point important était finalement une surprise : Machin était un piège à con. Du moins le supposait-il. Pour Thiebaut, il était impossible qu'un dragon passe autant de temps dans le système hospitalier sans avoir été repéré. Quelqu'un se servait forcément de ce jeune dragon pour piéger quelqu'un. Et il était tombé dans le piège... Cela, malheureusement, il ne s'en était douté qu'une fois les démarches pour sortir Machin du système faites. Mais finalement, ce piège allait se retourner contre son créateur, il avait averti sa famille. Sans que personne ne le sache, à l'heure actuelle, plusieurs équipes de dragons dorés surveillaient discrètement la demeure et ses alentours, attendant que l'ennemi secret ne se dévoile. Thiebaut trouvait cette situation très amusante, ce jeu du chat et de la souris, de l'arroseur arrosé ressemblait à une partie d'échec, un défi intellectuel qu'il était certain de remporter. Tout ce qu'il espérait, c'était pouvoir voir la tête du "Grand Manipulateur" quand il découvrirait que son plan s'était retourné contre lui.
ceci est un jeu, en aucun cas la réalité. Je précise, on ne sait jamais :lol:

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Re: Le roman

Message par Mizu Hanayuki » sam. 21 juin 2008, 12:39

Pendant que Julien et Elroy discutaient dans le jardin, Machin réfléchissait seul dans sa chambre. L'attention soudaine qu'Intello portait à leur nouvel environnement l'avait surpris. Dragon était calme pour une fois, satisfait de leur repas, et ne tentait pas de prendre le contrôle. Curieux de voir ce que ce dernier mijotait, Machin laissa délibérément le contrôle à Intello.
Celui-ce se leva immédiatement, et se dirigea vers la porte.
- Qu'as-tu l'intention de faire?
- Eh bien, puisque ces chers nounous ne sont pas là, et qu'apparemment, les deux étages du bas nous sont ouverts, je te propose de ... visiter notre nouvelle demeure.
Ceci étant dit, Intello ouvrit la porte de la chambre et ils se retrouvèrent dans le couloir. Sur la droite, celui-ci se terminait par une porte et sur la gauche, il continuait jusqu'à un tournant. La porte du fond était résolument fermée. "Ce doit être une autre chambre d'invité." commenta Intello. Il partit donc sur la gauche. Toutes les portes qu'ils rencontrèrent étaient également fermées "Eh bien, il doit en avoir, des amis, avec une bonne dizaine de chambres pour les accueillir!" dit en sifflant Machin. Enfin, une large porte à deux battants les mena dans le hall. "Bon, pour récapituler, cette porte mène aux chambres, celle du fond, à la salle à manger, celle de droite à l'antichambre.". En disant cela, Intello se dirigea vers la dernière porte, une petite ouverture noire, qu'il ouvrit. Un carrelage blanc et pratique succéda au dallage élégant, un mélange d'odeurs assaillit ses narines, la cuisine lui ouvrit les bras. Personne, parmi les aides qui faisaient la plonge, ne les remarqua. "Rien d'intéressant par là, revenons au hall". Ils s'éclipsèrent discrètement. Devant le grand escalier, Machin eut soudain un doute "Attends, tu es sûr de ce que tu fais, là?". "Allons, ne t'inquiètes pas, de toute façon, ils ne nous renverrons pas en hôpital psychiatrique." le rassura Intello. Et il commença à monter les marches de pierre blanche. A l'endroit où les deux escaliers menant au premier étage se séparaient, un immense tableau trônait. Il représentait un superbe dragon de couleur dorée, qui tenait un livre dans ses griffes. Ses yeux verts étincelants semblaient fixer Machin. Celui-ci déglutit et se détourna vivement du tableau. Il prit l'escalier de droite, qui le mena à une mezzanine. De là, trois couloirs partaient. Celui du centre était couvert d'un épais tapis persan, aux motifs bigarrés. Celui de droite était éclairé dans des tons plutôt bleu froid. Celui de gauche, enfin, émettait une chaude lueur rassurante, c'est celui qu'emprunta Machin. La première porte menait à une grande salle de musique; un piano à queue blanc se tenait sur une estrade, aux murs, quelques violons et altos étaient attachées. Sur un présentoir, divers instruments à vent. Dans un coin, une harpe, et plus loin, une batterie. Intello se rapprocha du piano, et appuya sur une touche. Un son s'éleva, pur, et résonna légèrement dans la salle.
Modifié en dernier par Mizu Hanayuki le dim. 12 févr. 2012, 01:50, modifié 1 fois.
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Re: Le roman

Message par gg » sam. 21 juin 2008, 12:46

<aie, je crois que nous nous sommes croisés, je vais essayer de faire le lien>
C'était merveilleux. Il appuya de nouveau sur une touche.
Le son n'avait encore fini de résonner dans la pièce que la porte s'ouvrit sur Wilfried.
- Hum, hum ! dit-il poliment.
Machin eut très peur. Il s'écarta rapidement du piano.
- N'ayez pas peur, monsieur. Je ne vous veux pas de mal, le rassura Wilfried.
- Je suis désolé, s'excusa Machin.
- Ce n'est pas grave monsieur. Mais il me semble qu'il vous a été signalé que nous ne souhaitions pas votre présence à l'étage.
- Oui, admit-il.
- Comprenez que c'est pour votre bien, monsieur. Il y a différents objets précieux et nous préférons que vous soyez un peu plus, comment dire, "stable psychologiquement" avant d'y avoir accès. Il serait regrettable que vous cassiez quelque chose. Cela pourrait vous mettre mal à l'aise.
- Je m'excuse, réitéra Machin. Je comprends, je suis fou.
- Ce n'est pas le problème, monsieur. Si monsieur veut bien se donner la peine.
Il s'écarta de la porte pour laisser le passage vide, invitant Machin à sortir.
Confus, Machin obtempéra.
Au passage, l'Intello prit les devants : "Comment doit-on vous appeler ?"
- Wilfried, monsieur. Si vous vouliez bien redescendre.
- Oui, excusez-nous encore.
- Ce n'est pas grave, monsieur. Je comprends la curiosité de monsieur.
Il était très gentil Wilfried, cependant, il raccompagna Machin jusqu'au bas des marches. Et il resta là jusqu'à ce que Machin s'éloigne.
Machin passa le reste de sa journée dans la chambre. Cela ne le gênait pas, il était très habitué à se morfondre dans un endroit clos. Ici, de plus, il était dans un luxe inhabituel... Et puis, ce n'était pas comme si il était tout seul, ses deux autres personnalités lui tinrent compagnie. Ils parlèrent. Surtout l'Intello en fait. Lui voulait absolument explorer son nouvel environnement. Cela faisait des années que rien de nouveau n'était arrivé et il tenait à découvrir son nouveau monde. Il passa aussi pas mal de temps à élaborer des histoires sur ce qui lui arrivait... pourquoi était-il ici ? Pourquoi ne comprenait-il rien ? Pourquoi avait-il l'impression qu'on lui cachait des choses ?
Finalement, quand Dorskaritov lui amena un plateau repas, il fut surpris de s'apercevoir qu'il avait passé toute la journée allongé sur son lit. L'homme lui demanda si tout allait bien et s'il était bien installé. Il était assez étonné que Machin n'ait pas mis le nez dehors. Mais comme Machin paraissait très heureux de son sort, il ne s'y intéressa pas plus que ça. En sortant, il précisa que le réveil serait matinal. Machin releva à peine l'information, il était trop intéressé par la forte odeur de viande.
Il ne savait pas à quelle heure il s'était endormi, mais il avait sombré dès que les voix qui l'accompagnaient s'étaient arrêté. Dragon parce qu'il s'ennuyait ferme et l'Intello parce qu'il n'avait pas les réponses aux questions qu'il posait.
Le réveil fut brutal. Dorskaritov le secouait comme un prunier. Il était habillé d'un treillis militaire - comme d'habitude - et souriait au-dessus de lui.
- Debout. Voici un petit dèj. , dit-il en désignant un nouveau plateau contenant du lait et des croissants. Je t'attends dehors sur la pelouse.
- Hein ?
- Mange vite. Depuis des années tu es bourré de médicaments, nous allons faire un peu d'exercice pour éliminer toutes ces saloperies. Je te conseille de choisir des fringues pour faire du sport.
Et il sortit.
Pendant un instant, Machin eut l'impression qu'une tornade venait de débarquer dans sa chambre et en était partie aussi vite qu'elle était venue. Il lui fallut quelques minutes pour sortir de la désorientation. Il n'était plus dans sa chambre d'hôpital, avec ses murs blancs uniformes. Ce n'était pas un homme en blouse blanche qui était venu le réveiller. Son petit déjeuner n'était pas accompagné de sa série de pilules. Il était tellement perdu, qu'il passa même quelques secondes à regarder si elles n'étaient pas tombées par terre.
Le petit déjeuner fut vite englouti. Après vint les interrogations devant la penderie : à quoi pouvaient bien ressembler des vêtements pour faire du sport ?
Avec hésitation qu'il sortit de sa chambre. C'était la première fois depuis bien longtemps qu'il se retrouvait libre de ses mouvements sans personne pour le surveiller. C'était une sensation étrange, le sentiment d'être seul au monde. Heureusement, il tomba sur Wilfried. L'homme était toujours aussi stoïque, il paraissait l'attendre, mais sans le montrer.
- Bonjour, lui dit Machin.
- Bonjour, monsieur. Je crois que monsieur Dorskaritov vous attend dans le jardin.
- Oui, je crois aussi.
- Le jardin est par ici, monsieur.
Il ne désignait pas comme il s'y attendait le chemin pour ressortir sur le devant de la maison, mais plutôt une petite porte qui devait donner sur l'arrière.
Machin obéit. Il se retrouva effectivement à l'arrière de la demeure. Il était sur une grande terrasse, avec des parasols. Devant lui, il y avait une grande étendue de gazon, prolongée par une forêt épaisse.
Sur la pelouse, Dorskaritov manipulait un grand bâton. Il le faisait tournoyer dans tous les sens, à toute vitesse. C'était assez impressionnant. Machin ne savait que faire : attendre ou interrompre ce surprenant balai ?
C'est Dorskaritov qui décida pour lui, dès qu'il l'aperçut, il stoppa son manège et vint vers lui.
- C'est ça que tu appelles une tenue de sport ? demanda-t-il.
Machin se regarda. Il avait un pantalon crème en flanelle, une chemise blanche et une paire de souliers légers en cuir.
- Qu'est-ce exactement qu'une tenue de sport ? intervint l'Intello. Nous n'avons jamais fait de sport. Notre tenue habituelle est une blouse blanche ou un pyjama d'hôpital.
- L'Intello ?
- Parfaitement, monsieur Dorskaritov.
- Ouais... Appelez-moi Dors, ou Dork.
- Et votre prénom ? Pour l'instant nous n'avons qu'un E.
- Sans intérêt, répondit Elroy un peu gêné. Dors ou Dork ira très bien. Bon, viens, on va choisir autre chose.
Ils retournèrent dans la chambre de Machin et choisirent des vêtements plus adaptés à l'effort physique.
Quelques minutes après, ils se retrouvèrent sur la pelouse derrière la maison.
- Bien, tu me suis, intima celui qui préférait se faire appeler Dork.
Il partit en footing en direction des arbres.
Machin resta planté sur place.
- Tu fais quoi ? demanda l'Intello.
- Ben, je ne sais pas.
- Bouge ton cul, grosse larve ! hurla Dragon.
- Je crois qu'il souhaite que nous courrions derrière le monsieur, précisa l'Intello.
- Ah... OK.
Machin se mit enfin en branle à la poursuite de Dork.
La propriété était grande, très grande. Ils coururent au milieu des arbres pendant une petite demi-heure. Dork avait la foulée légère d'un homme entraîné et Machin souffrait derrière. Pas une fois le militaire ne se retourna et il semblait être parti pour plusieurs heures de course. Seulement, au bout de la demi-heure, l'Intello commença à se plaindre : on s'ennuie, c'est long, on n'aurait pas autre chose à faire... et Dragon répliquait : vas-y, fonce... bouge ton cul... rattrape-le... ta gueule l'Intello, t'es qu'une feignasse...
Pris entre les deux et concentré sur son souffle poussif, Machin n'arrivait pas à reprendre le contrôle. Déjà qu'il souffrait le martyr, avec les deux autres qui n'arrêtaient pas de parler et se plaindre, il n'arrivait plus à aspirer la moindre goulée d'air.
C'est avec une joie intense qu'il vit Dork s'arrêter et se retourner. Une joie de courte durée, l'homme était manifestement contrarié.
- Oh dis... tu ne peux pas te taire un peu ? Quand on court, on respire, on ne parle pas.
- Je n'y peux rien, se plaignit un Machin plié en deux pour reprendre son souffle. Je ne les contrôle pas.
- Fais un effort.
- Va chez ta mère, intervint Dragon.
Le visage de Dork rougit brièvement.
- Tu n'insultes pas ma mère, rugit-il. Tu dis ce que tu veux sur moi, mais tu ne touches pas à ma mère. Paix à son âme.
Impressionnés, Machin et l'Intello se retirèrent vite fait au fin fond de leur esprit. Laissant le champ libre à Dragon.
- Ta mère à poil devant le Casino, rajouta-t-il malicieusement.
Dorskaritov serra les poings si fort que ses articulations craquèrent.
- Chez nous... chez toi, les mères sont sacrées, réussit-il à dire entre les dents. On ne les touche pas, on les protège et surtout on les respecte. Et puis, qu'est-ce que c'est que cette insulte ?
- Je t'emmerde. Ma mère, je ne la connais pas.
- Ce n'est pas une raison. Toutes les mères doivent être respectées.
Puis, subitement, comme si une idée venait de lui traverser l'esprit, Dorskaritov se calma.
- Toi, tu es Dragon, non ? L'agressif.
Le brusque changement d'attitude de son interlocuteur étonna même Dragon.
- Ouais. Et alors ?
- Je crois que j'ai trouvé une activité qui te plaira.
Dragon resta sur la réserve. La mine réjouie de Dorskaritov ne l'inspirait pas.
- ça sent le coup fourré, intervint l'Intello. N'y vas pas.
- Mais non. Je vais juste lui expliquer comment ça se passe quand on se fait insulter. La bonne façon... pas celle des carpettes. Celle qui prouve notre véritable valeur et qui n'est pas un faux-fuyant de lâche.
Machin était très réticent. Franchement, cela ne lui inspirait rien de bon. A l'Intello non plus d'ailleurs, seulement lui était poussé par la curiosité. Seul Dragon abordait la chose avec un certain détachement.
- Viens, enchaîna Dork, on retourne sur la pelouse.
Sur le bref trajet de retour à la maison, ils passèrent leur temps à s'engueuler. Machin tentait désespérément de refréner ses autres personnalités.
Arrivés sur la pelouse, Dork se retourna vers lui, tout sourire.
- N'oublie pas que nous partageons le même corps, lança Machin. Je n'y suis pour rien. Je n'ai insulté personne.
- Non, non, c'est bien. Quand tu en auras assez, tu n'auras qu'à me présenter ta gorge.
- Ma gorge ? s'étonna l'Intello. Je ne comprends pas.
- Pas grave. Disons que c'est une vieille tradition. C'est respectable, il n'y a pas de déshonneur. C'est juste une convention entre individus civilisés. On fait comme ça, point. Il n'y a pas à discuter.
- D'accord, admit l'Intello à regret.
- Bien, alors voilà... Quand on se fait insulter ou trahir ou que nous sommes d'un avis différent et que la discussion ne sert à rien, cela permet de régler les problèmes. C'est une méthode sure, qui fonctionne parfaitement et que malheureusement beaucoup de tafioles réprouvent. Mais c'est normal, ce sont des tafioles.
- C'est quoi une tafiole ? s'inquiéta l'Intello.
Le sourire de Dork s'élargit encore un peu plus.
- Certains de mes cousins... et des tiens... Tu verras probablement de quoi je parle dans le futur. Julien, malgré tout le respect que je lui dois est plutôt une tafiole.
- Je suis une tafiole, parvint à hurler Machin.
- Tu ne sais même pas encore ce que c'est exactement, le réprimanda l'Intello.
- Moi, je ne suis pas une tafiole, intervint Dragon. Même si je n'ai pas compris ce que c'est.
- Oh mais je suis certain que tu n'en es pas une, Dragon. C'est quelqu'un qui réprouve la violence physique. C'est un peu générique comme terme, mais on peut le traduire comme ça. Il y a aussi carpette, tantouze, larve, gros lâche...
- Je ne suis pas lâche, le coupa Dragon.
L'intello et Machin préférèrent se taire, ils ne savaient pas trop s'ils étaient lâches.
- Parfait, je n'en attendais pas moins de toi. Donc, nous sommes entre gens respectables, ayant un certain sens de l'honneur. Comme tu viens de m'insulter, je te..
- J't'ai pas insulté, j'ai insulté ta mère.
- Oui, c'est pire, rajouta Dorskaritov en s'excitant à nouveau un peu. Bien, donc, comme tu insultes ma mère, pour réparer tes torts, je te lance un défi. Comme tu n'es pas une tafiole, tu vas accepter. Normalement, il y a tout un cérémonial pour ça, je te l'apprendrai, mais pour l'instant on va faire court. On va mettre au point quelques règles, sans plus.
- Des règles ?
- Oui. Allez... disons que nous n'utilisons pas d'arme et que quand tu en as assez, tu me présentes ton cou. Je considèrerai ça comme des excuses. Si tu gagnes, je prends mon honneur sous le bras et je la ferme.
- Excusez-moi ! je m'excuse déjà, clama Machin.
- J'accepte le défi ! cria Dragon.
- Mais c'est quoi ce défi ? interrogea l'Intello précipitamment et avec une certaine inquiétude dans la voix.
- On va se mettre sur la gueule, avec nos armes naturelles, nos poings, nos pieds, notre gueule. Sans armes, ni autre fioriture dévalorisante. Proprement quoi !
- Quoi ? Mais non ! tenta Machin.
- Mais si, insista Dorskaritov. Le défi est accepté. En garde !
Machin tenta de s'enfuir, malheureusement Dragon se jetait déjà sur Dorskaritov. "Je veux pas !" réussit seulement à hurler Machin alors que son corps se précipitait sur son adversaire.
ceci est un jeu, en aucun cas la réalité. Je précise, on ne sait jamais :lol:

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Mizu Hanayuki
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Re: Le roman

Message par Mizu Hanayuki » jeu. 26 juin 2008, 20:03

Dorskaritov regardait d'un air amusé le dialogue entre Machin, Dragon et Intello.
Tandis que le corps de Machin se jetait sur lui, il resta immobile, un petit sourire narquois sur les lèvres. Machin paniquait intérieurement ; mais il est fou! il va se faire massacrer, il ne sait pas ce qui est arrivé aux infirmiers qui ont ennuyé Dragon! Non, je ne veux pas être renvoyé de cet endroit!
Au moment où Dragon porta droit sur son nez un gigantesque coup de point, celui-ci ne rencontra que du vide. Dorskaritov, d'un mouvement très rapide, était passé derrière lui. Son corps, emporté par l'élan fut déséquilibré un bref instant, juste ce qu'il fallut pour que, dans une souplesse incroyable, Dors plaque le visage de Dragon sur son épaule droite, et d'un puissant coup de son bras droit le fasse tomber en arrière.
- Tu vois, commenta-t-il, tu ne te contrôles pas assez, avec la force que tu as, tu pourrais faire un bon combattant, mais tu si crois que je vais attendre bien gentiment que tu me mettes une châtaigne, tu te trompes!
D'un mouvement rageur, Dragon frappa du poing sur le sol, et se releva d'un bond pour se ruer à nouveau sur son adversaire.
Au moment où il allait lui donner un bon coup de pied, celui-ci fut tout d'un coup près de lui, lui mit un coup de coude au visage qui l'étourdit. Puis il sentit qu'on passait sous son bras, qu'on le soulevait, et brutalement, il se retrouva à nouveau à terre, son bras toujours tenu par Dors.
- Déjà fatigué, se moqua ce dernier, sarcastique, tu veux te rendre?
Dors le lâcha, lui tourna le dos, et commença à s'allumer une cigarette. Convulsivement, Dragon se jeta encore sur lui, et Machin se dit dans un éclair que c'était fini, que c'était trop beau pour durer, qu'il allait le massacrer et qu'on le renverrait à l'hôpital. Au moment où Dragon allait le saisir dans ses bras pour le mordre, le pied de Dors partit. Le choc au ventre lui coupa le souffle. Il se reprit et porta encore un coup de poing... qui fut arrêté dans son élan comme la main de Dors saisissait son poignet et, faisant monter son coude à la verticale, le retourna vers lui. Une fulgurante douleur le saisit. Pour y échapper, il recula le plus qu'il pouvait, alors que Dors continuait à avancer. Il heurta un arbre. Il sentit sa tête partir vers le sol, comme un point très très très douloureux se dessinait sur son bras. Il mangea l'herbe du sol.
Dors tenait toujours son bras, et exerçait une pression sur son épaule; Dragon sentit que s'il la mettait plus en arrière, il la lui déboiterait.
- Tu sais ce qui te reste à faire, pour arrêter le combat, remarque Dors en haussant les épaules, pour moi, ça va, je viens à peine de commencer à m'échauffer.
Il le lâcha et Dragon se releva fou de rage d'avoir été humilié.
- Tu ne veux pas abandonner? C'est dommage, commenta Dors avec un sourire carnassier!
Dragon sauta et le prit à bras-le-corps. Brusquement, sa cible bascula en arrière et il se retrouva cul par-dessus tête. Jamais de sa vie il n'avait été aussi humilié. Un hurlement féroce sortit de sa gorge comme il se précipitait pour mordre au cou Dorskaritov. Un coup de poing fulgurant atterrit sur son visage, suivi par un coup de pied au torse. Les deux hommes enlacés faisaient pleuvoir l'un sur l'autre une pluie de coups, mais l'un en recevait clairement plus que l'autre. Puis un coup plus violent que de coutume stoppa Dragon, qui recula de cinq mètres avant de heurter durement un tronc d'arbre. Il tomba à genoux, et, se rendant compte qu'il saignait, essuya du revers de la main le coin de sa lèvre. La tête lui tournait, et il dut s'appuyer avec son bras sur le sol. Il leva les yeux vers Dorskaritov qui se tenait devant lui, sans blessures, à peine décoiffé. Alors, il s'étendit sur le sol et présenta sa gorge à son adversaire. Avec un sourire éclatant, Dors s'exclama "Excuses acceptées!", et il se mit à rire sous le regard éberlué de Machin, Dragon et Intello.
Le militaire tendit la main à son adversaire, et le remit sur ses pieds :
-Je vais te faire une confidence ; c'est la première fois que je vois autant de ténacité chez un de mes adversaires! Le plupart se couchent rapidement... Je pense qu'on va pouvoir faire quelque chose de toi! Dis-moi, cela te plairait d'apprendre à te battre correctement?
Les yeux de Dragon brillèrent :
- Tu parles si ça me ferait plaisir!
- Dans ce cas cela devrait pouvoir s'arranger, conclut Dors en souriant.
Ils jetèrent un regard vers l'horizon, où le soleil commençait à se cacher rougissant derrière les arbres.
- Tu vas voir, après l'entraînement,il n'y a rien de mieux qu'un bon repas et une bonne nuit.
Il rentrèrent donc. Wilfried les accueillit dans l'entrée :
- La collation de ces messieurs les attend dans la salle dès que ceux-ci auront choisi une tenue ... plus appropriée.
C'est dans une sorte de brouillard que Machin se changea et dîna avec Dors. Ils ne virent pas Julien. Il était si fatigué qu'il ne pensa même pas à poser à Dors les questions qu'il avait à propos de leur relation. Dès que son repas fut englouti, il s'affala sur son lit et s'endormit aussitôt.
Pendant ce temps, Dors monta à l'étage et s'installa au salon devant un feu de cheminée, et resta là, pensif, cigarette à la main.
Une présence derrière lui le tira de sa rêverie : Julien, penché sur le dossier de son fauteuil, le regardait, soucieux. Il l'interrogea du regard quand il se rendit compte que son ami était revenu sur terre.
- J'ai de la peine pour ce pauvre mec, j'imagine, soupira Dors.
- Moi aussi, Elroy, moi aussi.
Cette fois, Dors ne releva pas l'emploi du prénom détesté.
- Je vais lui apprendre à se battre, annonça-t-il.
- Tu es sûr que c'est une bonne idée? Mais si en se battant avec toi, sous l'effet de la colère, il se transforme? Tu y as pensé?
- Je ne crois pas qu'il le puisse, rétorqua le militaire en secouant doucement la tête, sa personnalité dominante est trop certaine qu'elle est folle pour le lui permettre. Tant qu'il n'aura pas vu un vrai dragon prendre sa forme naturelle, jamais il ne pensera ne serait-ce qu'à tenter.
- Que va-t-il advenir de lui, je me le demande...
- Moi aussi.
Un temps de silence fatigué s'installa.
Silence que Julien rompit en douceur :
- Tu as l'air crevé, va te coucher, dit-il en posant une main sur son épaule.
- Tu as raison.
Le militaire se leva lentement, et redescendit dans sa chambre toujours en réfléchissant.
Julien resta un moment près du fauteuil, puis rejoignit également son lit.
Le calme descendit doucement sur la demeure comme la nuit s'étendait, paisible.
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Re: Le roman

Message par Mizu Hanayuki » ven. 27 juin 2008, 23:27

Sur les différents écrans de contrôle, le docteur Thiébaut vit les lumières s'éteindre une à une.
Il s'appuya contre le dossier de son large fauteuil en cuir. La journée avait été passionnante. Il s'était amusé à suivre l'exploration des lieux de Machin. Il l'avait laissé fouiner un peu, puis il avait envoyé Wilfried. Pas trop tôt, pour ne pas qu'il se rende compte qu'il était espionné, et pas trop tard, pour qu'il sache qu'il y a des limites à ne pas franchir. La personnalité "Intello" l'intéressait particulièrement, elle avait l'air d'être la plus réfléchie.
Il avait également suivi avec un grand intérêt le combat entre le mercenaire et son sujet. Il avait été étonné que ce dernier ne se transforme pas, surtout que "Dragon" avait le contrôle total à ce moment-là. Mais ce qu'avait remarqué Dorskaritov était censé; tant que la personnalité dominante serait persuadée de sa folie, il ne pourrait pas se transformer en hydre, même en présence d'autres dragons, l'interdiction était trop profondément ancrée en lui. Cet homme se révélait plus intelligent que la simple brute épaisse qu'il s'était imaginé embaucher, une caractéristique rare parmi sa race, il allait devoir se renseigner sur ses parents, et le surveiller de près. Il savait à quel point l'intuition de son neveu était précieuse, mais tant que ce dernier aurait confiance en lui, il ne chercherait rien. Par contre, son ami, lui, ne semblait pas avoir confiance en grand-monde. Il allait devoir redoubler de prudence.
Un discret coup à le porte le tira hors de ses réflexions. "Entrez" murmura-t-il distraitement. Le sourire de Wilfried apparut dans l'encadrement de la porte :
- Le thé au Lotus de Monsieur est prêt.
- Merci beaucoup Wilfried.
Sans heurt, le maître d'hôtel déposa le plateau sur le bureau. Puis il se retourna vers un coin de la pièce où un échiquier en cristal surmontait une table basse en hêtre.
- Monsieur a joué?
- Oui, c'est à toi.
Très sérieux, il s'approcha, consulta un temps le jeu du regard, et bougea une pièce avec un sourire en coin.
- Echec et mat, Monsieur, si je puis me permettre.
Le docteur Thiébaut consulta le jeu, cherchant une issue. Puis il hocha la tête :
- Tu as raison, bien joué Wilfried.
- Merci Monsieur. Monsieur est satisfait des invités?
- Très! Je suis impatient de voir comment ils se comporteront demain. Allons, tu sais que quand il n'y a personne tu peux me tutoyer!
- J'ai pris l'habitude de vous... de te vouvoyer, ce n'est pas facile.
- C'est comme tu veux mon cher.
- Et quand allez-vous... vas-tu leur dire que tu es rentré?
- Je ne sais pas encore. Pour l'instant j'attends. Je ne sais pas encore quoi, mais j'attends. Fais bien attention pendant quelques jours, tu sais que nous risquons d'avoir de la visite.
Wilfried hocha le tête.
- Si tu me permets de me retirer...
- Vas-y, dit le docteur avec un sourire en coin, je sais que la nuit, c'est ton moment préféré dans la journée. De toute façon, il va aussi falloir que j'aille me coucher.
Silencieusement, le maître d'hôtel s'inclina, et sortit de la pièce, se fondant dans les ombres.
Tranquillement, le docteur but son thé et jeta avec un soupir un rapide coup d'œil vers l'échiquier. Depuis des années qu'il le connaissait, il n'avait jamais pu battre Wilfried. Pourtant, il n'était pas mauvais joueur, mais à chaque fois, c'était pareil, tout se passait très bien, jusqu'à ce que, en à peine une dizaine de coups, Wilfried le surprenne et fasse Mat.
Il sortit du bureau et gagna son lit, où il continua à élaborer des stratégies avant de sombrer dans les bras de Morphée.
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Re: Le roman

Message par gg » sam. 28 juin 2008, 02:42

Machin se réveilla.
Il était debout, sur son lit, face à un mur. Seule la lumière de la lune éclairait la pièce. Et pour tout dire, il ne voyait pas grand chose.
Cette situation ne l'étonna pas plus que ça, il était un habitué des virées nocturnes.
- Intello ? Dragon ? lança-t-il.
- C'est moi, répondit l'Intello.
- Qu'est-ce qu'on fait debout sur le lit ?
- Je cherche des caméras. Peux-tu me laisser le contrôle ?
- Quoi ?
- Des caméras, je cherche des caméras. J'ai vu un film d'espionnage, il en font des toutes petites maintenant, répliqua l'Intello d'une voix légèrement excédée. Bon, si tu ne veux pas me laisser le corps, accepte au moins que je te guide.
- D'accord, dis-moi ce que tu veux que je fasse.
- Descends du lit, j'ai déjà regardé le mur. Tiens, va là bas, près du radiateur et regarde tout autour si tu ne vois pas quelque chose d'anormal. Un point noir gros comme ton ongle par exemple.
Sceptique, Machin descendit du lit et chercha autour du radiateur. Décidément, il ne voyait rien.
- Heu... pourquoi on n'allume pas la lumière ? demanda-t-il.
- Pour être discret. Tu ne veux vraiment pas me laisser le corps ?
- Non... C'est absurde. Si j'ai assez de lumière pour chercher un gros point noir, il y a assez de lumière pour nous observer.
Machin sentit bien que sa remarque avait fait mouche: l'Intello réfléchissait.
- Oui, ce n'est pas faux, admit-il d'ailleurs. Bon, vas-y, allume.
Machin éclaira enfin la pièce. Mais il préféra se rasseoir sur le lit.
- Qu'est-ce que tu fais encore ? l'interrogea l'Intello. Il faut chercher, je suis certain que ces gens ne sont pas clairs.
- Ils sont peut-être fous, plaisanta Machin.
- C'est malin.
- Merci. A quoi ça nous avancera de savoir qu'on est observé ? Personnellement, je n'ai rien à cacher. Et je n'ai pas envie d'être un mauvais patient. Ils sont cools, je n'ai pas envie qu'ils me renvoient en hôpital.
Une fois encore, l'Intello se posa des questions.
- Il a raison Dors, tu es vraiment une carpette, finit par dire l'Intello. Enfin quoi, tu n'es pas curieux ?
- Pas vraiment.
- Ce n'est pas vrai... tu... tu es... Mince, mais c'est évident, ces gens savent plein de choses sur nous. Choses qu'ils nous cachent.
- Heu... d'abord, tu devrais dire "Moi", parce que je me parle à moi-même. Ce n'est pas parce que j'ai trois personnalités que nous sommes plusieurs.
- Dragon serait réveillé, il serait d'accord avec moi. Et puis, tu ne trouve pas étrange que ce docteur Thiebaut nous sorte de l'hôpital, manifestement contre l'avis des autres, et qu'il nous laisse comme ça dans sa maison ?
- C'est un docteur. Un psychiatre. Tu sais très bien qu'ils ne sont pas tous des modèles de stabilité. On en a même rencontré des plus malades que nous... moi.
- Tu es très en verve cette nuit, maugréa l'Intello. Tu as la forme. Tout le monde est fou... pas un pour en racheter l'autre. Bon, trêve de connerie, fais-moi plaisir, regarde quand même s'il n'y a pas un truc qui traine.
- Ok. ça va, arrête de te plaindre.
Machin se leva enfin du lit et se mit à fouiller la pièce. Il ne savait trop quoi chercher, mais si cela pouvait calmer l'Intello... Demain, Dors l'avait promis, le réveil serait très matinal et commencerait par du sport. Machin n'avait pas du tout envie d'être fatigué, sinon Dragon qui envisageait ça avec plaisir lui ferait la tête.
Ce fut avec surprise qu'il découvrit dans une des moulures de l'armoire le gros point noir recherché. C'était effectivement pas plus gros que son ongle, mais il y avait bien un objectif de caméra.
- Ah, tu vois, qu'est-ce que je disais ! triompha l'Intello. Je suis certain qu'il y en a d'autres. Vas-y, continue à chercher. Dans la salle de bain par exemple...
- Stop ! s'énerva un peu Machin. D'accord, tu avais raison. Super. Nous sommes sous surveillance. Franchement, je ne vois pas ce que ça change des hôpitaux. Là au moins, c'est discret, on n'a pas un mec qui vient ouvrir la lucarne de la porte toutes les deux heures. Qu'est-ce qu'on en a à foutre ? Je suis malade, il faut bien qu'on me surveille. ça ne change rien. On ne va pas passer la nuit à chercher des caméras. Nom de dieu... tu ne veux pas qu'on retourne se coucher ?
Machin sentit que l'Intello était vexé. Il s'était enfoncé au fin fond de leur esprit et ne donnait plus signe de vie. Au moins, ça prouvait qu'il était partiellement d'accord.
N'ayant pas de réponse, Machin se reccoucha.
- Et ne me lève pas au milieu de la nuit, précisa-t-il.
- Tu n'as vraiment aucune curiosité, lui repprocha l'Intello.
- Argh... mais laisse-moi dormir. Ce n'est pas vrai ça...
- Tu es un con.
- Si tu m'insultes encore, répliqua Machin, demain, je te lance un défi. On se mettra sur la gueule pour savoir qui a raison. Dragon fera l'arbitre.
- Mais... mais... C'est débile ce que tu dis. On ne va... D'accord, c'est bon, tu as gagné. Dors, je te fous la paix. Tu es vraiment qu'un abruti.
- Merci. Bonne nuit.
Machin sentit que de nouveau l'Intello quittait les commandes. Il ne fut plus qu'un léger ronronnement vexé qui titillait son cervelet. Tout heureux d'avoir gagné cette bataille, peut-être qu'enfin il prenait le contrôle des ses pensées et de sa destinée, il s'enroula dans les draps et s'endormit.
ceci est un jeu, en aucun cas la réalité. Je précise, on ne sait jamais :lol:

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Re: Le roman

Message par Mizu Hanayuki » lun. 04 août 2008, 21:38

Un long sifflement strident retentit dans la chambre. Machin sursauta, se réveillant en sueur. Dors se tenait devant lui, un sifflet entre les lèvres.
- Debout! C'est pas le moment de dormir!
Il lui tendit une barre de céréales et une bouteille puis tourna les talons en clamant :
- Tu as 4 minutes pour t'habiller, pas une de plus.
Ahuri, Machin laissa le contrôle à Dragon qui, manifestement, était en pleine forme. Celui-ci sauta dans ses vêtements, enfila à une vitesse record les premières baskets venues et se rua hors de la maison. Le ciel sans nuage commençait à peine à blanchir, l'aube n'avait pas encore incendié le parc de ses couleurs chaudes et le soleil se cachait, timide, de l'autre côté du globe. Dors l'attendait, un demi-sourire aux lèvres, appuyé contre le tronc d'un chêne.
- Alors on commence ? demanda Dragon, essoufflé.
- Leçon numéro 1, avant l'effort, il faut manger des sucres lents si tu veux pas t'évanouir comme une femmelette. Et pendant l'effort, faut boire. Alors tu vas me faire le plaisir de bouffer la barre que jt'ai apportée.
Dragon s'exécuta en ronchonnant. Il but un peu d'eau sucrée, elle avait un arrière-goût de citron.
Puis il se mit en garde en demandant, excité :
- On se bat comme hier? Tu m'apprends comment te mettre la pâtée?
- Pas encore, ça se mérite! On va commencer par faire le tour du parc. En moins d'une heure chrono.
- Encore courir?! C'est d'la merde!
- Peut-être mais c'est comme ça et pas autrement. Go!
Tout en disant "Go!", Dors enclencha un chronomètre et se mit à courir. En jurant comme un charretier, Dragon se précipita pour le rattraper. Quand il arriva à sa hauteur, il l'interpella :
- Je vais pas courir toute ma vie!
- Tais-toi et cours. Économise ton souffle, respire régulièrement, ne varie pas ton rythme. Quand tu courras bien, tu apprendras à te battre bien.
Piqué au vif, Dragon se tut et s'appliqua à respirer. Au bout d'une demi-heure, il commença à fatiguer. Après quarante minutes de course, il respirait difficilement. Les 10 dernières minutes furent un enfer. Quand ils atteignirent enfin leur point de départ et que Dors arrêta le chrono, Machin s'effondra par terre, essayant pendant une éternité de retrouver son souffle. Jamais de toute sa vie, il n'avait autant eu l'impression que ses poumons allaient rendre l'âme.
- Demain, on fera la même chose, jusqu'à ce que tu sois endurant. Le meilleur combattant n'est pas celui qui frappe le plus fort, mais celui qui tient le plus longtemps.
Il lui tendit en silence une autre barre de céréales, et la bouteille en conseillant :
- Ne bois pas trop, juste un peu et par petites quantités.
Quand Machin se sentit mieux, Dors lui fit faire une série d'étirements.
- Tu ne dois pas forcer ton corps. Après un effort, étire-toi. Maintenant, tu vas apprendre à chuter correctement.
- Chuter! J'veux pas chuter! J'veux apprendre à en mettre plein la gueule, s'exclama Dragon méprisant.
- Pour bien se battre, il faut apprendre à se recevoir correctement, que ce soit pour esquiver, ou simplement pour pas se retrouver comme un con sans défense à terre dès le début du combat.
Dors lui fit faire une série de chutes avant, puis une série de chutes arrières, Dragon peinait à bien se recevoir. Quand ils rentrèrent dans la demeure, le soleil caressait de ses rayons la cime des arbres. Devant la porte de la salle à manger, Dors se tourna vers Machin et dit :
- Tu as une heure pour manger et souffler. On se retrouve dans la piscine, Wilfried t'y conduira.
Puis il abandonna Machin.
Modifié en dernier par Mizu Hanayuki le dim. 12 févr. 2012, 02:22, modifié 1 fois.
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Re: Le roman

Message par Amaury » mar. 05 août 2008, 11:50

Il avait vu les deux abrutis faire le tour du parc. De loin. S'approcher lui aurait facilité le travail. Mais une maison pleine de dragons, on ne savait jamais trop à quoi on pouvait s'attendre. Et, justement, il lui faudrait le découvrir.
Malgré les quelques kilomètres de distance, il s'appliquait à parfaire le plan des lieux. Les photos satellites les avaient déjà bien aidés mais on ne se lance pas dans une telle aventure avec la bite et le couteau.
Son poste d'observation était parfait mais il lui faudrait en changer souvent. Il ne pouvait pas se permettre de faire courir des risques à l'équipe d'intervention en se faisant repérer.
Trois jours, il ne restait que trois jours.
Il y arriverait.
Comme d'habitude.
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gg
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Re: Le roman

Message par gg » mar. 05 août 2008, 18:36

Dors retrouva Machin à la piscine. Il se tenait debout sur le bord, dans un ridicule maillot jaune, et regardait l'eau bleue. Dors eut l'impression que Machin observait une bête curieuse. Pourtant, elle était belle cette piscine, vingt-cinq mètres en longueur et seize en largeur. Il s'inquiéta. Pas pour lui, mais pour Machin... plus ça allait, plus il le trouvait sympathique ce garçon.
Dors s'approcha discrètement et Machin ne réagit pas.
- Alors, on plonge ?
Machin ne sursauta pas, il se retourna simplement très calmement.
- J'avoue que je ne suis pas trop tenté, dit-il.
- Ah ? Intello ?
- Oui.
- Bon, d'accord, je croyais que j'aurais affaire avec Dragon. Ce n'est pas grave. Allez, zou, à la flotte ! Et fais-moi quelques longueurs.
Intello eut une moue sceptique et ne fit pas mine de plonger.
- Quoi ? s'énerva un peu Dors. Tu as peur qu'elle soit froide ? Non, mais tu as vu le soleil qu'il fait ? Allez !
- Je ne sais pas si vous vous rendez compte que nous avons passé la majeure partie de notre temps dans des asiles. Il y a rarement des piscines dans les asiles, rétorqua l'Intello.
- Hon... En fait, tu ne sais pas nager, comprit enfin Dors.
- C'est ça. C'est même pire : Machin et Dragon ont peur de l'eau. C'est pour ça que c'est moi qui ait pris la relève. La seule notion qu'on nous ayons d'une piscine, c'est que l'on s'y noie. J'ai vu à la télévision que l'on pouvait nager, mais nous n'avons jamais pratiqué. Je me demande comment ça se passe.
Dors observa un moment le visage songeur de l'Intello, ce mec n'avait pas peur de l'eau. Enfin si, mais sa curiosité intellectuelle était plus forte que tout.
- Tu me dis que tu as vu à la télévision des gens qui nageaient ? lui demanda Dors.
- Oui. De plus, comme le corps est majoritairement composé d'eau, j'imagine que l'on doit pouvoir flotter assez facilement. On appelle ça : faire la planche, ce me semble. Il faut mettre le corps à l'horizontale pour profiter au maximum de la Poussée d'Archimède. Pour nager, il suffit de bouger les bras et les jambes en cadence pour utiliser la force de .....
- Stop ! J'ai compris. Rien ne vaut l'expérimentation.
Dors poussa vicieusement l'Intello dans l'eau. Il tomba comme un gros tas, quasiment sans réagir.
Il ne se mit à crier que quand il s'aperçut que se mettre à l'horizontale n'était pas si évident que ça. Il battait l'eau comme un fou et sa tête montait et descendait au dessus ou au dessous du niveau.
- La planche, lui cria Dors en rigolant, fais la planche. Reste calme, détendu. L'eau c'est comme une baston, il faut être calme, souple, détendu...
Il n'obtenait que des réponses du genre : "A moi... gloups... rhaaaa !... je me... au secgloups..." et des mouvements fort chaotiques. Rien à voir avec une analyse calme et circonstanciée d'un Intello.
Il y eut même quelques changement de tonalité dans la voix, preuve que par moment l'Intello perdait le contrôle. Mais manifestement, les autres n'étaient pas prêts à prendre la relève, c'était lui qui dominait dans les cris.
Quand il disparut sous l'eau plus d'une minute, Dors se dit qu'il était peut-être temps d'y aller. Sans plus attendre, il plongea à son tour pour récupérer sa victime.
ceci est un jeu, en aucun cas la réalité. Je précise, on ne sait jamais :lol:

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Re: Le roman

Message par Amaury » ven. 08 août 2008, 11:27

La piscine était magnifique au travers de la baie vitrée. Une vraie maison de rêve. Mais les dragons sont vraiment des débiles.
Après avoir poussé le dégénéré à l'eau, la grosse brute était en train de le regarder se noyer ! Et ça avait l'air de l'amuser en plus.
Après une longue période sans réapparition à la surface, la grosse brute commença à se dessaper.
Lentement, très lentement.
Il prenait tout son temps pour replier ses vêtements, les poser à l'abri de l'eau alors que l'autre ne donnait déjà plus de signe de vie.
Puis il daigna enfin plonger. Un plongeon tout en grâce et en élégance. En quelques dizaines de secondes, le dégénéré fut hors de l'eau en crachant des litres et des litres.
Si c'est comme ça qu'il comptait lui apprendre à nager, il lui faudrait d'abord lui faire passer sa nouvelle phobie de l'eau...
Pendant ce temps, les caméras infrarouge montraient que le majordome se rendait encore vers la salle secrète. Celle dont on ne pouvait qu'apprécier l'absence aux détecteurs. Celle dans laquelle le majordome disparaissait de longues minutes. Il allait absolument falloir déterminer ce que cette salle contenait avant l'attaque. Trois dragons présents dans la maison et un majordome à la nature indéterminée suffiraient à compliquer les choses, pas la peine d'avoir à affronter une menace supplémentaire. Ou alors en toute connaissance de cause.
Ça y est, la brute et le dégénéré recommençaient à parler, ils n'avaient donc pas perdu une de leurs cibles. Vu la rareté des composants dans le labo, c'était plutôt une bonne nouvelle.
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Re: Le roman

Message par Mizu Hanayuki » ven. 08 août 2008, 15:38

- Vous êtes fous??!! Vous voulez me tuer c'est ça?! hurla Machin.
- Calme-toi, il n'y avait aucun risque que tu te noies, de toute façon je t'ai sorti de l'eau à temps. Bon maintenant, on va y retourner tous les deux.
- C'était peut-être un peu brutal, ne croyez-vous pas? remarqua Intello.
- Pas question que j'y retourne!!!
- Je hais l'eau!!
Sans attendre que les trois personnalités s'apaisent, Dors les saisit par le bras et les entraîna à l'eau. Intello commença à se débattre, à paniquer. Fermement, Dors le poussa vers le rebord de la piscine, pour qu'il s'y accroche en restant dans l'eau. Au bout de longues minutes, Intello sembla prendre le dessus sur les autres, et se tourna vers Dors :
- C'est bien plus dur que ce que j'avais imaginé.
- Leçon numéro 1 : on ne panique pas! A moins de vouloir se noyer, paniquer et se débattre dans tous les sens ne sert à rien. Tu dois te calmer. Ta respiration doit être régulière. Aujourd'hui on va tenter de voir la brasse. Démonstration.
Aussitôt, Dors partit rapidement vers le bord opposé de la piscine. Il revint tout aussi vite, et s'arrêta sans même un peu d'essoufflement.
- A toi.
Intello essaya de se détacher du bord, mais Dragon et Machin, terrorisés, luttaient. Enfin, il parvint à s'imposer, et commença à avancer maladroitement, sans quitter le contact du bord. Dors devait se retenir pour ne pas éclater de rire.
Modifié en dernier par Mizu Hanayuki le dim. 12 févr. 2012, 02:24, modifié 1 fois.
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